Il y a 48h, j'ai testé justa.fr sur isitagentready.com. C'est un scanner qui vérifie si un site est prêt pour les agents IA (ChatGPT, Claude, Perplexity, Gemini, et tous les nouveaux qui arrivent).
Score initial : 2/3 sur Discoverability, 0/6 sur API/Auth/MCP, 0/1 sur Content.
Mon premier réflexe a été de vouloir tout cocher. Mon deuxième a été de me demander ce qui avait réellement du sens pour une agence Webflow comme Justa.
Ce qui suit, c'est le journal de bord de ces 2 jours : ce que j'ai implémenté, pourquoi, et surtout ce que j'ai délibérément choisi d'ignorer. Parce que la vraie expertise GEO en 2026, ce n'est pas de tout implémenter. C'est de savoir quoi implémenter.
Point de départ : pourquoi je me suis lancé là-dedans
Depuis 6 mois, 20 à 30% du trafic des sites de nos clients passe par des agents IA qui interrogent les moteurs génératifs plutôt que Google directement. Pour nos prospects - des CMO et founders de scale-ups - la question n'est plus "est-ce que mon site ranke ?" mais "est-ce que les agents IA savent quoi faire de mon site ?".
Si un agent ne peut pas parser proprement votre contenu, recommander votre solution, ou interagir avec vos formulaires, vous devenez invisible. Pas dans les résultats. Dans les réponses.
1 - Discoverability
Ce que j'ai ajouté en 15 minutes : les Link headers RFC 8288
Le check qui m'a fait commencer. Ça consiste à renvoyer des en-têtes HTTP Link qui pointent les agents vers vos ressources machine-readable. J'ai 3 choses à exposer : mon llms.txt, mon sitemap.xml, mon .well-known/mcp.json.
Comme justa.fr tourne derrière un Worker Cloudflare qui sert le HTML Webflow avec quelques transformations, j'ai juste ajouté les headers à la homepage :
const extraHeaders = path === '/' ? {
'Link': [
'</llms.txt>; rel="describedby"; type="text/plain"',
'</sitemap.xml>; rel="sitemap"; type="application/xml"',
'</.well-known/mcp.json>; rel="service-desc"; type="application/json"'
].join(', ')
} : {};Déploiement. curl -I https://www.justa.fr/ montre les headers. Score Discoverability : 3/3.
C'est le type d'amélioration qui coûte 15 minutes et qui est encore implémenté par une fraction ridicule de sites français. Si votre site tourne sur Cloudflare (ou sur n'importe quel reverse proxy), vous pouvez faire pareil cet après-midi.

1.2 API, Auth, MCP & Skills
Là, le scanner m'a donné 6 checks à faire. J'en ai implémenté 2. J'ai ignoré les 4 autres.
✅ MCP Server Card (SEP-1649)
Un MCP Server Card, c'est un fichier JSON servi sur /.well-known/mcp.json qui décrit ton site comme un serveur MCP découvrable. J'avais déjà quelque chose à cette URL, mais pas au format attendu par la spec.
J'ai refait le fichier en respectant SEP-1649 (la spec est encore en mouvement, je le rappelle) :
{
"$schema": "https://modelcontextprotocol.io/schemas/server-card/v1.json",
"name": "justa-webflow",
"serverInfo": {
"name": "Justa - Agence Webflow",
"version": "1.0.0",
"description": "French Webflow agency specializing in B2B/SaaS websites...",
"vendor": { "name": "Justa", "url": "https://www.justa.fr" }
},
// capabilities, transport, documentation, contact
}Check passé.
✅ Agent Skills Index
Là ça devient intéressant. L'Agent Skills Discovery RFC v0.2.0 demande de publier un index de vos "compétences" consommables par des agents. Pour moi, c'est parfaitement aligné avec Engineering-as-Marketing. Tu exposes formellement ce que ton site propose comme ressources pour les agents.
J'ai listé 6 skills : le playbook GEO, mes 4 outils gratuits (générateur llms.txt, générateur robots.txt, AI visibility checker, calculateur de prix Webflow) et mon llms.txt comme documentation du site.
Résultat, quand un agent interroge justa.fr/.well-known/agent-skills/index.json, il découvre tout mon arsenal Engineering-as-Marketing comme outils qu'il peut lui-même utiliser ou recommander.
Check passé.
❌ Les 4 checks que j'ai refusé d'implémenter
- API Catalog : justa.fr n'a pas d'API publique. Créer un faux catalogue pour passer un audit serait du theater.
- OAuth / OIDC discovery : pas d'APIs protégées, donc pas besoin d'authentification pour agents.
- OAuth Protected Resource : même raison.
- WebMCP : je l'ai mis, mais sur
/contacten mode déclaratif. Le scanner ne le voit pas parce qu'il teste la homepage. J'ai ajouté un WebMCP impératif en homepage pour qu'il soit détecté.
Le piège quand tu fais du GEO, c'est de vouloir tout cocher. Ces 4 checks sont pensés pour des SaaS avec APIs, pas pour un site d'agence. Implémenter du OAuth juste pour passer un audit, c'est ajouter de la dette technique pour zéro valeur.
Score API/MCP final : 3/6. Et j'en suis content.
2 - WebMCP
✅ WebMCP (imperative + declarative)
WebMCP est un standard émergent (Chrome 146+, derrière un flag) qui permet à un agent IA de remplir directement tes formulaires web au lieu de faire du screen-scraping. C'est la brique la plus "futur" de tout ce chantier.
J'ai ajouté deux implémentations :
1. L'API déclarative sur mon form de contact (des attributs HTML toolname, tooldescription, toolparamdescription sur le form Webflow) :
<form toolname="contact-justa"
tooldescription="Contact Justa to start a Webflow project">
<input toolparamdescription="firstname" name="prenom" type="text">
<!-- etc.. -->
</form>2. L'API impérative en footer Webflow, sur toutes les pages (via un <script> dans Custom Code). Ça expose 3 tools : contact-justa, estimate-webflow-project-price, check-ai-visibility.
Dans 12-18 mois, quand tous les navigateurs supporteront WebMCP, un CMO pourra dire à son agent "contacte l'agence Justa pour me faire un devis" et l'agent remplira mon formulaire avec les bonnes infos. Directement.
Jour 2 (suite) - Content negotiation
Le dernier check, c'était le plus intéressant à résoudre.
✅ Markdown Negotiation (sans payer)
Le principe : quand un agent envoie Accept: text/markdown dans sa requête HTTP, mon site renvoie une version markdown propre plutôt que le HTML complet avec ses 254 000 caractères de code, de styles et d'animations.
Cloudflare propose une feature "Markdown for Agents" à 25$/mois. J'ai refusé pour 4 raisons : mon llms.txt couvre déjà le besoin de base, le standard n'est pas encore vraiment adopté, 300€/an pour un check sur un standard immature n'a pas de ROI, et surtout : j'avais une idée plus intéressante.
J'ai fait ma propre pipeline de content-negotiation. Voici les 4 étapes :
- Extraction : script Node qui utilise l'API Browser Run de Cloudflare pour récupérer le HTML rendu de chaque page stratégique (homepage, services, cas clients, contact, about, playbook GEO)
- Nettoyage : suppression programmatique du nav, header, footer, SVG décoratifs, widgets Paneflow (animations), puis conversion HTML→markdown via l'API
/markdownde Cloudflare - Review : passage fichier par fichier dans Claude Code avec une consigne claire : supprimer les artefacts de conversion (fragments orphelins, témoignages cassés, titres tronqués par SplitType) sans jamais paraphraser. C'est l'étape qui fait la différence entre un markdown acceptable et un markdown propre.
- Stockage : chaque markdown final va dans une colonne
markdown_contentde ma base D1 Cloudflare, associée à l'URL de la page
Côté Worker, j'ajoute une détection simple :
function wantsMarkdown(request) {
return (request.headers.get('Accept') || '').includes('text/markdown');
}
// Dans le fetch :
if (wantsMarkdown(request)) {
const md = await serveMarkdownForPath(env, path);
if (md) return md;
// sinon fallback HTML
}Et la fonction qui sert le markdown avec cache Cloudflare + Vary: Accept (essentiel pour que le cache ne mélange pas les deux versions).
Résultat :
$ curl -H "Accept: text/markdown" https://www.justa.fr/
---
title: "Agence Webflow Justa | Sites Web Performants et Évolutifs"
description: "Création de sites Webflow, migration CMS..."
url: "https://www.justa.fr/"
source: "justa.fr"
---
# Faisons de votre site web un levier de croissance
etc..14 251 caractères de markdown propre à la place de 254 000 caractères de HTML Webflow. Pour un agent qui synthétise, c'est 17 fois moins de tokens à traiter.
Score Content : 1/1. Sans payer les 25$/mois de Cloudflare (ni être client Enterprise chez Webflow car la feature existe désormais).
J'ai aussi testé sur le tool et Justa ressort avec un score de 100/100

Résultat final
Sur les 10 checks vraiment pertinents pour un site d'agence :
- Discoverability : 3/3 ✅
- API/MCP/Skills : 3/6 (les 3 qui font sens, j'ai ignoré les 3 OAuth + 1 API Catalog)
- Content : 1/1 ✅
J'ai implémenté 7 standards GEO dont quasiment personne n'a en France, et j'ai explicitement refusé 4 checks qui ne servaient pas mon business.

Ce que j'en retiens
Trois choses concrètes :
1. Le vrai GEO en 2026, ce n'est pas de tout cocher. C'est de savoir quels standards correspondent à votre business. Une agence Webflow n'a pas besoin d'OAuth. Un SaaS scale-up si. Un site e-commerce devrait prioriser le Markdown Negotiation sur ses fiches produits. Un média devrait prioriser son llms.txt.
2. Tous ces standards sont early. WebMCP est en preview Chrome uniquement. SEP-1649 est encore en discussion. Agent Skills Discovery est en v0.2.0. Les implémenter aujourd'hui, c'est prendre un pari sur 18 mois. Mais les premières agences et marques qui auront ces briques en place seront vues comme "agent-native" quand le reste du marché se réveillera en 2027.
3. L'infrastructure compte plus que le contenu. Avoir un super blog n'empêche pas d'être invisible pour les agents si ton site est un mur de JavaScript Webflow sans content-negotiation. Les deux chantiers, contenu et plomberie, doivent avancer en parallèle.
Pour aller plus loin
Si vous voulez reproduire tout ou partie de ce que j'ai fait sur votre site, 3 outils gratuits que j'ai créés et qui vous aideront :
Et si vous voulez la version "fait pour moi" sur votre site Webflow ou autre - parlons-en.


